La composition et les caractéristiques de l’eau
Cet élément si commun et pourtant si complexe doit faire l’objet de toute votre attention. Un retour aux sources et à de lointains cours de chimie pour commencer. L’eau est une molécule composée de deux atomes d’hydrogène et d’un atome d’oxygène, d’où son symbole chimique H20. C’est un élément vivant en constante évolution. Quand l’eau s’évapore des océans, elle est d’une grande pureté.
Transformée en pluie après avoir traversé l’atmosphère, elle a déjà évolué par sa rencontre avec les différents gaz de l’air (azote, oxygène, gaz carbonique). Devenue acide, elle dispose alors d’un pouvoir solvant très fort vis-à-vis des minéraux et organismes qu’elle va côtoyer pendant son long voyage dans le sol et le sous-sol. Quelques secondes après son impact, par son ruissellement, elle se charge de végétaux, de sable, d’argile ou encore de débris de roches. Tout doucement, en s’infiltrant, son pouvoir solvant va l’enrichir de matières dissoutes d’origine minérale ou organique.
Bien sûr, cet apport sera déterminé par la nature du sol qu’elle traverse. Pour mieux comprendre, il suffit de penser aux eaux minérales que l’on boit tous les jours. La lecture de leurs étiquettes illustre parfaitement ce phénomène.
Elles contiennent du potassium, du calcium, du sodium, du magnésium, des nitrates, du fluor… L’eau de votre piscine est donc un élément dont la teneur varie et pour lequel un traitement est indispensable. Vivante, elle va rapidement évoluer : lumière, froid, chaleur, sels minéraux, sédiments, déchets organiques, spores d’algues ou germes pathogènes…
Autant d’éléments étrangers qui vont la métamorphoser ! C’est pourquoi l’eau d’une piscine doit être équilibrée.
L’eau et son équilibre
L’équilibre de l’eau est déterminé par 3 éléments. Il y a le pH, l’alcalinité (bicarbonates et carbonates) et la dureté (sels de calcium et de magnésium). L’harmonie entre ces différents paramètres permet d’obtenir une eau idéale pour la baignade.
Le pH (potentiel hydrogène)
Il est souvent mis en avant par les grandes marques de cosmétique afin de prouver la douceur de leur produit pour la peau. Le pH varie entre 0 et 14. Une eau pure, à 20°C, affiche un niveau de 7,0.
En dessous de cette donnée, l’eau sera acide, au-dessus elle sera basique (alcaline). Dans une piscine, l’idéal est de s’approcher au plus près du liquide lacrymal (nos larmes) qui se situe autour de 7,4. Cette zone a également pour intérêt de permettre au chlore d’être actif à 6065 %. Si on voulait le rendre efficace à 100 %, il faudrait accepter une eau au pH de 5,5 qui serait agressive pour la peau, les yeux et le matériel (ce dernier subirait rapidement des effets corrosifs).
Le phénomène inverse, c’est-à-dire de laisser monter le pH au-dessus de 7,8, ne rendrait le chlore actif qu’à hauteur de 30 %. Autre point important, le floculant utilisé pour améliorer les performances du filtre à sable de la piscine ne fonctionne plus avec un pH élevé.
Enfin, avec un niveau de 7,4, l’eau sera limpide. Ce juste milieu s’avère fragile car il dépend de plusieurs facteurs. Il y a la part d’alcalinité (ou TAC), à savoir la présence ou non de bicarbonate et carbonate dans l’eau, mais aussi la dureté (TH) avec la teneur en sels de calcium et de magnésium, sans oublier le rôle équilibrant du CO2 (gaz carbonique) dissout dans l’eau.
L’alcalinité de l’eau
La teneur de l’eau en bicarbonate et carbonate est mesurée par le TAC (Titre Alcalimétrique Complet). Souvenez-vous, lorsque vous avez branché et configuré pour la première fois votre lave-vaisselle, vous avez déterminé un niveau moyen.
Ce TAC s’exprime en degrés français (°f). Pour que l’eau dispose d’un pouvoir tampon suffisant, il doit se situer en 10 et 30°f. Cette expression utilisée en chimie est primordiale pour obtenir une bonne stabilité du pH, l’objectif étant d’empêcher des variations brutales. Une eau trop faiblement « tamponnée » peut ainsi engendrer une montée du pH malgré des traitements répétés pour le rectifier.
Deux actions permettent d’éviter ce phénomène. La première est d’enrichir l’eau en bicarbonate sachant que la valeur du TAC doit être supérieure à 10°f. Des correcteurs d’alcalinité sont en vente pour agir sur ce point. La Balance de Taylor sera d’ailleurs un outil précieux pour définir, en fonction du pH et du TH, le bon TAC.
L’autre point à prendre en considération est le niveau de gaz carbonique dissout dans l’eau. Ce paramètre délimite grandement le dépôt de tartre sur les parois. La destruction du CO2 présent dans l’eau est principalement due à l’agitation de celle-ci. Une piscine à débordement avec chute d’eau brutale, une cascade, une nage à contrecourant utilisée sans interruption ou un refoulement réglé trop haut sont autant d’éléments qui détruisent le gaz carbonique et engendrent une amplitude élevée du pH.
L’idée est donc de contrôler au mieux cette agitation. Il est important que l’eau contienne une certaine quantité de CO2 car il permet de conserver les bicarbonates de calcium. Si ces derniers se transforment en carbonates par manque de gaz carbonique, ils créeront une précipitation de calcite sur le bassin, à savoir du tartre sur lequel viendra se fixer les déchets, les germes pathogènes, les algues, les huiles solaires…
La dureté de l’eau
Elle est déterminée par la teneur en sels de calcium et de magnésium et se mesure en TH (Titre Hydrotimétrique). Comme le TAC, elle s’exprime en degrés français (°f). Pour une piscine, la juste valeur du TH doit se situer entre 10 et 20°f.
Audessus, c’est l’entartrage, endessous la corrosion. Si le TH de votre bassin est très faible (inférieur à 10°f), vous pourrez utiliser des produits spécifiques (TH plus) pour le remonter aux alentours de 12°f. Par contre, cela engendrera une augmentation du pH qu’il faudra alors rectifier progressivement avec d’autres produits (pH moins). A l’inverse, si votre eau affiche un TH supérieur à 20°f, elle sera donc entartrante, vous devrez employer un séquestrant de calcaire pour éviter les dépôts sur le fond et les parois.
Analyser l’eau et la renouveler
Pour contrôler tous ces paramètres (pH, TAC et TH), votre meilleure alliée sera la trousse d’analyse. Il vous faut également éviter les traitements brutaux sur le pH et intervenir en douceur. Par ailleurs, la limitation des dégazages, donc de l’agitation de l’eau, permet de conserver les bicarbonates et d’éviter d’avoir du tartre tout en stabilisant le pH. Les traitements apportent à l’eau naturellement riche des éléments qui, dégradés, deviennent une charge supplémentaire.
Pendant la saison, lorsque l’eau du bassin s’évapore sous l’effet du soleil, ces substances restent présentes. Il est donc conseillé de renouveler chaque année 30 à 50 % de l’eau du bassin pour diluer ces éléments. Par contre, certaines substances minérales comme les sels de calcium (calcaire) seront augmentées puisque l’eau ajoutée en contient également.
Le cycle fermé de l’eau
C’est un circuit fermé dans lequel l’eau est en mouvement et successivement filtrée et traitée qui ici est présenté. Un cycle dont la conception, le bon dimensionnement et le parfait fonctionnement vous assure une eau limpide et claire.
La composition et l’équilibre de l’eau n’ont plus de secret pour vous ; quel est son parcours dans et autour du bassin ? Un schéma qu’il faut comprendre avant de détailler les équipements nécessaires pour la filtration et la désinfection.
L’eau du bassin est reprise par des skimmers (bouches d’aspiration) qui sont positionnés juste en dessous de la ligne d’eau. C’est effectivement dans cette zone que se trouve la plupart des salissures. Chargés d’écrémer l’eau de surface, ils retiennent les débris dans des paniers que vous devez vider régulièrement. Ces skimmers doivent être en nombre suffisant (1 pour 25 m3 d’eau). Au fond du bassin, une bonde récupère certains déchets qui ne sont pas restés en surface.
Autre intérêt, elle aspire également l’eau la plus froide, optimise l’homogénéité de température et répartit équitablement les produits chimiques grâce au brassage qu’elle engendre. Cependant, sa présence n’est pas obligatoire, beaucoup de piscines n’en sont d’ailleurs pas dotées. L’eau est aspirée par une pompe munie d’un panier qui retient les déchets avant d’être dirigée vers le groupe de filtration. Ce dernier retient les impuretés pour garantir une eau propre.
Le couple pompe/filtre doit être idéal, le débit de la pompe ne devant jamais excéder la capacité du filtre. C’est après la sortie du filtre que l’eau peut être chauffée par divers procédés (réchauffeur électrique, pompe à chaleur, échangeur…).
Puis vient le traitement. Plusieurs techniques existent, la plus connue étant le traitement par galets de chlore. Important, tous les éléments sont reliés entre eux par des canalisations qui se doivent d’être correctement dimensionnées. La taille du bassin vous permet d’établir un débit théorique que devra servir le couple pompe/filtre. Vous pourrez ainsi déterminer la puissance de la pompe, la capacité du filtre et le diamètre des tuyaux sachant que le renouvellement conseillé de l’eau est de 3 à 6 fois par jour.