La filtration
Etape indispensable et préalable au traitement chimique, la filtration associe des équipements (skimmer, pompe) et différentes techniques et choix de filtres. Pour obtenir un résultat cristallin, tant pour le plaisir des yeux que celui du bain, il faut associer à la bonne circulation de l’eau une filtration optimale et un traitement adapté.
L’eau du bassin recueille deux sources de pollution. Il y a les particules visibles à l’œil nu apportées par la nature et les utilisateurs, et les particules invisibles qui contaminent l’eau. Les premières sont gérées par la filtration (action physique), les secondes par le traitement (action chimique).
Le skimmer
C’est la première des filtrations. Cette pièce essentielle assure une mission de la plus haute importance car elle permet l’aspiration de surface et élimine par écrémage le film superficiel de l’eau, zone de prédilection pour la plupart des germes et déchets (poils et cheveux, produits solaires, insectes, pollen, et autres végétaux…). Le skimmer est équipé d’un panier facilement accessible pour récupérer les végétaux, insectes et autres gros débris, et d’un volet pour n’aspirer que les quelques millimètres d’eau à écrémer.
Le mouvement de l’eau
Dans une piscine privée à skimmers, le mouvement de l’eau résulte d’un circuit hydraulique fermé dimensionné pour assurer un renouvellement complet du volume dans un temps donné (souvent 4 h en résidentiel). Ce mouvement dépend du couplage entre organes d’aspiration, réseau de transport, groupe de filtration et organes de refoulement. Pour qu’elle entame son parcours de filtration, l’eau doit suivre un sens de circulation cohérent à l’intérieur du bassin. Plusieurs dispositions sont possibles en fonction de la forme de l’implantation pour réaliser un brassage et une giration efficaces. Généralement, les skimmers (aspiration de l’eau) et les buses de refoulement (injection de l’eau filtrée) prennent place sur des parois opposées.
La pompe
Ce mouvement n’est pas le fruit du hasard, il est initié et rythmé par la pompe. Véritable cœur de la piscine, cette dernière sert à aspirer l’eau par les skimmers, à la propulser dans le filtre et la réinjecter dans le bassin par les buses de refoulement.
Si la pompe est positionnée avant le filtre, un préfiltre avec panier amovible est impératif pour protéger la turbine des grosses impuretés. Celui-ci doit être vidé régulièrement car l’accumulation de déchets contre les parois proches de la turbine limitera l’efficacité de l’aspiration ou la rendra inopérante.
Si la pompe prend place après le filtre, elle ne dispose pas de préfiltre avec panier. Il est alors nécessaire qu’elle soit en charge, donc placée sous le fil d’eau, pour aider à son amorçage.
Pour déterminer la bonne puissance de la pompe, plusieurs points sont à prendre en considération : les dimensions et le volume du bassin, le nombre de pièces d’aspiration, la distance entre la piscine et le local technique, le diamètre et le débit du filtre.
Le couple pompe/filtre
Il doit être en parfaite osmose. En effet, une pompe trop puissante entraînera une mauvaise filtration car le filtre n’aura pas la capacité de supporter le débit.
A l’inverse, une pompe trop faible provoquera rapidement un encrassement du filtre à sable car elle ne saura pas en assurer le décolmatage, ce qui ne sera pas le cas pour un filtre à diatomées ou à cartouche, même surdimensionné.
L’intérêt de la vitesse variable
Aujourd’hui, certains fabricants proposent des pompes à vitesse variable. Le principe est de faire circuler l’eau en permanence mais avec un débit moindre que les pompes traditionnelles.
Quand un modèle classique fonctionne à 14 m3/h pendant 12 h, une pompe à vitesse variable pourra fonctionner à 7 m3/h pendant 24 h pour traiter le même volume d’eau.
A ce débit, l’eau est mieux filtrée et traitée en continu et la consommation électrique diminue.
Le choix du filtre : sable, diatomées ou cartouche
Voici les différents types de filtre proposés sur le marché. Quel que soit votre choix, pensez à sélectionner un matériel qui correspond à la taille de votre bassin, à la puissance de la pompe et aux caractéristiques de l’environnement (végétaux, fréquentation…).
Le filtre à sable
L’eau traverse de haut en bas un lit de sable qui retient les particules en suspension. Sa finesse de filtration n’est pas très importante, entre 40 à 50 microns, c’est pourquoi il est souvent accompagné d’un floculant. Cet adjuvant chimique, principalement utilisé sous forme de cartouche, permet d’améliorer notablement les performances pour atteindre 15 microns.
Au fond du filtre, des crépines (collecteur) récupèrent l’eau filtrée. Pour qu’elles assurent un décolmatage efficace quand le filtre est encrassé, elles sont souvent recouvertes sur une certaine hauteur d’une silice d’un diamètre plus grand qui facilite la circulation de l’eau et sa répartition.
Effectivement, cette opération s’effectue en inversant le passage de l’eau grâce à la vanne multivoies. Les grains de sable se soulèvent et libèrent les impuretés qui sont alors envoyées à l’égout.
Régulièrement nettoyé, tant par cette action que par des interventions chimiques pour détartrer et dégraisser, le sable ne sera renouvelé que tous les 5 ans.
Le filtre à cartouche
Compact, il convient particulièrement aux espaces exigus. La cartouche est composée d’un tissu synthétique plié en étoile qui offre une finesse de filtration d’environ 15 à 20 microns. Economique à l’achat, son installation est simple puisqu’il ne nécessite pas de raccordement à l’égout.
Pour le nettoyer, il suffit de sortir la cartouche et de la passer au jet d’eau. Il est par contre moins confortable à l’usage car il oblige à des opérations d’entretien manuel régulières si sa capacité filtrante n’est pas surdimensionnée.
Les cartouches sont réutilisables plusieurs fois après leur passage au jet d’eau, certaines à grande capacité de filtration affichant même une durée de vie supérieure à 2 ans.
Le filtre à diatomées
Sa finesse de filtration est la plus performante (3 à 5 microns). La diatomée est une poudre très fine formée de squelettes de microorganismes aquatiques. Une fine couche se dépose sur les supports filtrants de l’appareil pour former un « gâteau » microfiltrant au travers duquel passe l’eau. Le pouvoir filtrant de la diatomée délivre une eau limpide et permet même de réduire l’utilisation des produits chimiques.
Le revers de la médaille ? Ce type de filtre s’encrasse plus rapidement et oblige un renouvellement en poudre de diatomées après chaque lavage (via un skimmer ou le préfiltre). Lors de son nettoyage, il faut installer un bac séparateur pour filtrer l’eau utilisée, et éviter de rejeter la diatomée dans la nature.
Les autres filtres
D’autres médias filtrants peuvent prendre place dans ce type de filtre. Ecologique, car issu du recyclage, le granulé de,verre améliore les performances de filtration en éliminant des particules plus fines. Sa composition non poreuse évite la constitution d’amas de débris, sa perméabilité permet un lavage nécessitant moins d’eau car plus rapide.
Enfin, le granulé de verre ne se dégrade pas et dispose donc d’une durée de vie très longue. Autre média filtrant intéressant, la zéolithe est un minéral d’origine volcanique à fort pouvoir absorbant qui s’utilise partiellement ou totalement dans le filtre à sable. Sa finesse de filtration est proche de celle du filtre à diatomées.
La désinfection
Avec ou sans chlore, les solutions pour désinfecter, puis rendre désinfectante l’eau du bassin, sont nombreuses. Pour garantir de bonnes conditions de baignade, la norme européenne NF EN 16582-I impose que l’eau d’une piscine soit claire, désinfectée, désinfectante, renouvelée et recyclée. Pour ce faire, elle est traitée à l’aide de produits spécifiques.
La conservation de l’eau tout au long de la saison de baignade est conditionnée par la conjugaison de deux actions : l’une physique, à savoir la filtration de l’eau et le nettoyage du bassin ; l’autre chimique correspondant au traitement de l’eau et à l’entretien du bassin.
L’action physique permet d’éliminer les déchets organiques produits par les baigneurs, la nature et l’environnement. La filtration clarifie l’eau en piégeant les particules qu’elle véhicule.
S’agissant d’un circuit fermé, elle maintient l’eau en mouvement pour qu’elle ne devienne pas stagnante. La filtration participe par ailleurs à la diffusion et au brassage des produits dans l’eau.
L’action chimique conserve d’une part l’eau durant la période de baignade et détruit d’autre part les microorganismes, bactéries, virus, champignons et autres algues, contenus dans l’eau, pour une baignade saine à tout moment. L’entretien du bassin, quant à lui, permet au support d’être toujours propre pour ne pas souiller ni contaminer l’eau.
La réglementation des produits
Soumis à réglementation, les produits de piscines doivent bénéficier d’une autorisation de mise sur le marché, à l’instar des produits pharmaceutiques, selon la loi du 7 décembre 2020, son décret du 24 février 2021 et l’arrêté du 25 février 2021 modifiant celui du 7 avril 1981.
Depuis le 1er mars 2021, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) délivre cette autorisation, au nom des ministères qu’elle représente, chargés de la Santé, de l’Agriculture, de l’Environnement, du Travail et de la Consommation. Ajoutons que chaque produit chimique fait l’objet d’une fiche de données de sécurité que le commerçant doit communiquer sur demande.
Depuis le 1er février 2021, une autre réglementation (UE 2019/1148) relative à l’utilisation de produits chimiques dits précurseurs d’explosifs, est entrée en vigueur pour empêcher la fabrication illicite d’explosifs.
Depuis cette date, la concentration du peroxyde d’hydrogène ne dépasse plus 12 % (contre 34 % auparavant), et celle du pH 15 % (contre 40,6 %). De fait, il faut utiliser davantage de ces produits pour garantir une qualité d’eau équivalente.
Si vous détenez encore en stock des produits d’anciennes concentrations, vous ne pouvez plus théoriquement les utiliser depuis février dernier.
La sécurité et le maniement des produits
L’étiquette des emballages de produits de piscines informe sur leur substance active, la composition, la fonction, les précautions d’usage à respecter, voire les conditions de transport et de stockage. La dose type préconisée pour un volume déterminé de bassin y figure également.
Les produits de piscines étant issus de la chimie, quelques règles de bon sens s’entendent, sans recourir systématiquement aux notices.
- Ne jamais mélanger des produits entre eux et toujours les stocker à l’abri de la chaleur et de l’humidité, dans une pièce ventilée.
- Les ranger selon leurs familles respectives : les chlores longs, rapides et chocs ensemble ; le pH moins avec le pH plus ; les antialgues, anticalcaire et gel nettoyant ligne d’eau regroupés. Idem selon leur état liquide ou solide.
- Transporter et stocker debout, seaux, bidons et flacons, avec leurs couvercles bien fermés et leurs bouchons vissés à fond et les ranger hors d’atteinte des enfants.
- Porter des gants avant de les manipuler, ne pas respirer leurs vapeurs et se laver soigneusement les mains après usage.
- Éviter tout rejet dans l’environnement.
Les produits et leurs actions respectives
Pour garder l’eau cristalline dans la piscine, les quatre actions clefs à mener de façon régulière :
- Laisser filtrer longtemps, en général 8 à 12 h par jour en été, plus si forte fréquentation ou canicule.
- Ajuster le pH avant de corriger le chlore ou d’ajouter un antialgues, pour que les produits agissent.
- Faire un traitement choc (chlore ou oxygène actif) en cas d’eau verte, très trouble ou après gros orage, puis floculant et filtration continue.
- Brosser parois et fond, vider régulièrement paniers de skimmer et préfiltres, et laver le filtre (contre lavage) dès que la pression monte.
Le pH
Le pH (potentiel hydrogène) renseigne sur l’acidité (< 7.0) ou la basicité (> 7.0) de l’eau. Après analyses régulières, on ajoute du pH ou du pH+ pour atteindre 7.4, la valeur idéale.
Le pH se modifie régulièrement du fait de la chaleur, des pluies et de la fréquentation du bassin. Déséquilibré, il trouble l’eau ; trop élevé, il minimise l’effet de produits comme le chlore.
Les pH en poudre se répandent sur toute la surface de l’eau, idéalement dilués dans un seau d’eau. Ceux liquides servent plutôt aux régulations automatiques.
Le chlore stabilisé
Le chlore stabilisé en galets (chlore lent), en pastilles (chlore choc) ou en granulés (chlore rapide) offre d’excellents résultats. Bien dosé, il ne pique pas les yeux et ne dégage aucune odeur. C’est le désinfectant de piscine le plus répandu.
Les chlores lent et choc se placent dans le panier du skimmer ; le chlore en poudre est à diluer dans un seau d’eau avant d’être versé dans le bassin.
Le chlore lent se renouvelle toutes les semaines, et tous les mois ou plus lorsqu’il est diffusé dans un chlorinateur.
Les chlores choc et rapide renforcent l’action du chlore lent par fortes chaleurs et/ou de fréquentation importante de la piscine. Le taux idéal du chlore est compris entre 0,5 et 1 ppm (ou mg/l).
Le chlore non stabilisé
Le chlore non stabilisé (hypochlorite de calcium) se présente sous forme de poudre ou de bâtonnets à mettre dans le skimmer, ou de liquide pour les régulations automatiques.
Le stabilisant de chlore conforte la rémanence du désinfectant en limitant ses déperditions. Compacté avec les chlores stabilisés, il est aussi disponible seul pour assurer la rémanence des chlores non stabilisés. Pour autant, Il faut utiliser le stabilisant avec parcimonie car il ne se dégrade pas et à forte concentration (> 75 ppm), il rend le chlore inopérant.
Vous avez ainsi tout intérêt à traiter l’eau de manière régulière pour limiter au maximum les chlorations choc qui contiennent aussi du stabilisant, ce qui explique le succès du chlore non stabilisé.
L’électrolyse de l’eau salée
L’électrolyse de l’eau salée (hypochlorite de sodium) est un traitement automatique qui produit dans la piscine du chlore non stabilisé. Mélangée à du sel, l’eau de la piscine (10 fois moins salée que celle de la mer) traverse dans le local technique des électrodes qui, sous l’action chimique de l’électrolyse, décomposent le sel en chlore et en sodium. Le chlore ainsi libéré dans l’eau forme de l’hypochlorite de sodium qui détruit les microorganismes avant de se recombiner avec le sodium libre et reformer du sel ; et ainsi de suite.
Le brome
Le brome est un désinfectant de la famille des halogènes comme le chlore. Il est oxydant, désinfectant et algicide, même lorsque le pH ou la température d’eau sont élevés, d’où son intérêt pour les piscines d’intérieur ou les spas.
Ses pastilles se mettent dans le panier du skimmer ou dans un brominateur. Son action peut être complétée, si besoin, avec du brome choc. Le taux de brome idéal oscille entre 1 et 2 ppm.
Le PHMB
Le biguanide PHMB est un désinfectant liquide sans chlore. Associé à un traitement choc au peroxyde d’hydrogène, il assure à l’eau de la piscine une action rémanente bactéricide, germicide, fongicide et algicide.
Notons l’incompatibilité du biguanide avec le chlore et avec les filtres à diatomées du fait de son fort pouvoir floculant.
L’oxygène actif
L’oxygène actif est un puissant oxydant qui détruit les microorganismes et les algues dans l’eau de la piscine. Ce traitement sans chlore ne dégage aucune odeur ni composés volatils.
Les UV
Le traitement UV détruit l’ADN des microorganismes en irradiant en continu l’eau qui traverse le réacteur UV raccordé au circuit filtration. L’eau qui en ressort désinfectée reste désinfectante grâce à l’action combinée d’un produit rémanent, généralement de l’oxygène actif, ou encore une faible quantité de chlore produite par un électrolyseur fonctionnant à un taux de sel très faible.
L’ionisation cuivre-argent
L’ionisation cuivre-argent libère dans le bassin des ions cuivre qui détruisent les algues et des ions argent qui éliminent les bactéries. Combiné à un produit assurant la rémanence, ce traitement aux actions algicide, fongicide et bactéricide est incompatible avec les filtres à cartouches et à diatomées.
L’ozone
L’ozone est un gaz aux pouvoirs bactéricide, virucide, germicide, fongicide, qui est fabriqué par ionisation de l’oxygène de l’air, pour être injecté en entrée de pompe de filtration, avant de se retransformer naturellement en oxygène. Au contact de l’ozone, l’eau est désinfectée à 100 %.
La rémanence est assurée par un produit complémentaire, de type chlore liquide par exemple, injecté en très faible quantité.
Le magnésium
Le traitement au magnésium enrichit l’eau de la piscine en minéraux, pour ainsi diminuer son besoin en chlore, lequel chlore peut alors être injecté sous forme liquide ou produit par un électrolyseur.



