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L’eau, ressource rare et capricieuse
Eau

L’eau, ressource rare et capricieuse

Le dérèglement climatique conduit les météorologues à prévoir que les hivers extrêmement pluvieux et les canicules estivales auxquels nous sommes confrontés ces dernières années, se répéteront désormais d'année en année.

 

Quand bien même un déficit pluviométrique proche de -4 % en moyenne a été constaté sur notre territoire en 2025, cette même année a néanmoins enregistré de très fortes précipitations sur des périodes spécifiques. Ainsi, janvier a été reconnu l’an dernier comme le mois le plus arrosé, affichant un excédent pluviométrique de +55 % en moyenne sur la France. En 2026, le phénomène s’est décalé en février, mois au cours duquel nous avons été confrontés à des pluies diluviennes continues que le sol, saturé, n’était plus en capacité d’absorber, provoquant, voire renouvelant d’importantes inondations sur une grande partie du pays.

Parallèlement, la France a connu la quatrième année la plus chaude depuis 1900, engendrant des sécheresses estivales sur une large moitié sud. Selon La Chaîne Météo, « Sur les 12 mois de 2025, 11 ont dépassé les normales saisonnières calculées sur la période 1991-2020. Seul septembre s’est démarqué comme étant le mois légèrement plus frais que la normale. Juin est celui qui a présenté l’excédent de températures le plus important avec +3,3 °C, le plaçant au deuxième rang des mois de juin les plus chauds. Une vague de chaleur précoce fut observée au cours de la seconde quinzaine du mois. Le 30 juin a été la journée la plus chaude de l’année avec une température maximale moyenne en France de 36,2 °C, dépassant de 11°C la normale saisonnière. Il a fait jusqu’à 41,9°C à Vinsorbes, dans la Drôme. »

Quand bien même notre territoire connaît d’importantes précipitations en période hivernale, les fortes chaleurs et les besoins plus importants en eau en période estivale mettent à mal les nappes phréatiques. Ainsi, lors d’un épisode persistant de sécheresse sur une zone territoriale, les Pouvoirs publics sont amenés à prendre des mesures de limitation ou de suspension des usages de l’eau afin de garantir aux citoyens un approvisionnement constant en eau potable et afin de maintenir le volume d’eau nécessaire à l’équilibre de l’environnement et la biodiversité.

Trois types de sécheresses sont à distinguer :

– la sécheresse météorologique relative à un manque de pluie ;

– la sécheresse agricole provoquée par un manque d’eau dans les sols ;

– la sécheresse hydrologique qui désigne les niveaux anormalement bas des nappes phréatiques, des lacs, des rivières ou des cours d’eau.

Si ces niveaux atteignent ou dépassent les seuils fixés pour chaque département, et en présence de faibles précipitations, les préfets ont la possibilité de décréter des restrictions sur l’utilisation de l’eau.

Pour ce faire, quatre niveaux d’alertes ont été définis : vigilance ; alerte ; alerte renforcée ; crise. Pour information, selon le Commissariat Général au Développement Durable : « Entre 2015 et 2022, 97 % de la France métropolitaine a connu des restrictions sur l’usage de l’eau de surface, dont 55 % au niveau de crise. »

S’agissant des piscines privées, dès qu’un département atteint le niveau 2, il est interdit de les remplir, de les vider ou de les remettre à niveau, sauf cas particuliers comme un premier remplissage ou les bassins en construction. En niveau 4, tout type de remplissage est formellement interdit, sans dérogation.

Les départements les plus touchés restent l’Ain, l’Allier, l’Ardèche, les Ardennes, l’Aude, l’Aveyron, les Bouches-du-Rhône, le Cantal, la Charente, la Charente-Maritime, le Cher, La Corrèze, La Creuse, La Dordogne, l’Eure-et-Loir, le Gers, La Gironde, l’Hérault, l’Indre, la Loire-Atlantique, le Loiret, le Lot, le Lot-et- Garonne, le Maine-et-Loire, la Mayenne, le Morbihan, le Pas-de- Calais, les Pyrénées-Atlantiques, les Pyrénées-Orientales, la Haute-Saône, la Saône-et-Loire, la Sarthe, la Haute-Savoie, les Deux-Sèvres, le Tarn-et-Garonne, la Vendée, la Vienne et l’Yonne. Le Top 5 regroupe les Pyrénées Orientales pour cause de climat méditerranéen sec, de nappes vulnérables et d’irrigation intensive ; le Loiret impacté par la surexploitation des nappes de Beauce, des débits faibles et une agriculture intensive ; la Gironde du fait d’une géologie peu réactive et d’un déficit pluviométrique persistant ; la Charente-Maritime sous forte pression agricole et touristique, avec des nappes calcaires sensibles ; enfin l’Aude qui paie le prix d’une viticulture intensive, d’une évaporation élevée et d’un régime pluviométrique déficitaire.

Signalons que des départements jusqu’alors épargnés peuvent être amenés à rejoindre la boucle, à l’instar de la Bretagne qui désormais fait face à des épisodes de sécheresse prolongés. C’est ainsi que Rennes est devenue, en juillet 2025, la première métropole française à modifier son plan local d’urbanisme intercommunal pour limiter à 25 m³ le volume d’eau des piscines privées à construire sur le territoire de ses 42 communes associées.

Quoi qu’il en soit, l’enthousiasme des Français pour une piscine privée reste intact. La Fédération des Professionnels de la Piscine (FPP) annonçait lors de sa conférence de presse de novembre dernier, que « l’été 2025 avait enregistré +3,5 % de ventes et +7,5 % de devis. » Elle a rappelé à cette occasion les usages à intégrer par les professionnels et à inculquer aux usagers : « un remplissage une fois pour toutes, hiverner en conservant le niveau d’eau, utiliser une couverture ou un abri, limiter les lavages de filtres, et maintenir une bonne qualité de l’eau. »

L’organisation professionnelle a également mis en exergue son calculateur d’utilisation de l’eau des piscines qui permet d’économiser 10 % d’eau chaque année. L’outil prend en compte tous les paramètres qui influent sur la consommation d’eau : taille et implantation géographique du bassin, nombre moyen de jours de baignade et nombre de baigneurs (pour tenir compte des éclaboussures), types d’équipements, fréquence de lavage du filtre, etc. L’évaporation dépend de la région, de la présence et de la durée d’ouverture d’une couverture ou d’un abri. Et pour la première fois, la pluviométrie (remplissage naturel des piscines) est prise en compte, commune par commune, grâce à la base de données intégrée au calculateur. Une version pro et une version simplifiée grand public sont disponibles sur son site <propiscines.fr>. Idéal pour évaluer la consommation d’eau de son bassin et découvrir comment la réduire.

 

La parole à Richard Forest / WA Conception ACWA Groupe

Le maintien du niveau d’eau est une contrainte pour les possesseurs de piscine qui doivent ainsi éviter tout désamorçage des skimmers et de la pompe lorsque le niveau est trop bas ; mais aussi éviter tout débordement lorsque celui est trop haut.

Aussi, depuis 2025, nous commercialisons un régulateur automatique 100 % français développé et breveté par nos soins. Même sa carte électronique est fabriquée en France.

« Constance » permet de réguler en permanence le niveau de l’eau pour optimiser sa consommation et sécuriser l’installation. Cet équipement se compose d’un volet de skimmer avec capteur d’eau à installer à la place de celui existant, et d’un boîtier électronique de commandes au local technique ; un boîtier qui pilote une électrovanne de remplissage et une autre électrovanne de vidange ou une pompe de vidange. Le boîtier assure un niveau d’eau constant via son capteur sans fil qui mesure toutes les heures le niveau et transmet les données par radio.

Entre deux mesures, le capteur passe en veille pour économiser ses piles qu’il convient de remplacer une fois par an. Le niveau d’eau souhaité se règle au boîtier, lequel peut également servir à vidanger entièrement sa piscine ou à la remplir.

Notre conseil pour une bonne gestion de l’eau est d’annexer un système de stockage d’eau sur le réseau de vidange, pour une réutilisation ultérieure. Pour cela nous développons actuellement une solution qui permettra de conserver plus longtemps l’eau ainsi stockée.


Propos recueillis par François Riche

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